OMBRES CHINOISES



 
La surface s'estompe

comme juste est qu'elle s'éteigne

à force de diffusion,

de divergences,

de variables,

d'invariablement inconnues.

Elle ne serait plus qu'une lézarde au gouffre simple,

de base,

de quoi se hérisser en fors intérieurs

vers des sommets lointains

ou alors éteints.

D'acides lubies retournées en toile de fond.


Désorientées, elles y retournent

et c'est le noir,

la haine de perdre sens,

à bout de substance

ainsi qu'on s'engage à voler,

à s'embrasser avec la langue à travers la grille.


Et nous essaimons sur les aires.

98#



Sous l'aube

te matent

les ormes seuls.

97#




Hausse les épaules

dans la foulée des collines.

DORMIR PAR DESSUS BORD




Le sommeil s'est élevé très haut jusqu'à ce que les cieux se rencontrent et que s'écrase la vague, l'optique divisée en perles.

95#



La musique ne retient plus,

trébuche là-derrière.

94#




Ses yeux verts

couvent

sous la neige.

93#




Opaque, dehors si possible.

A carreau.

Levée courbe à l'ennui des brindilles.

Vieilles files d'arbres arrêtées aux givres et aux taches.

Les vrilles enchâssent

des cieux à geler,

le ciment rabâché

où la ville enlaça une étoile émincée.

92#



Arrêté à ces oiseaux-là,

les oiseaux de passage,

en des poses reptiles.

LOVE DANS LES APARTES AVEC LES INCONNUS




Lové au bas de la nuit.



L'inconnu s'est cantonné aux apartés,



le silence en demi-mesure par terre,



dans la pénombre.





Des langues finissent, s'émoussent, marinent.



Le papier peint s'envenime.

90#





Ce jour, cette nuit,

sans patin,

sans histoires.

89#


La nuit tombe parce que,

juste un oiseau passé,

demeure la source basse.

88#


Parlant en ce corps

va la fièvre.

Silhouette est trembler.

87#


Les oiseaux vont en pluie

boire à la source,

le toit d'un immeuble.

86#


Je serai cet arbre à dire adieu

dont les doigts dénudés

vous caresseront les cieux.

85#


Sur le trottoir,

hors de lui,

la commune mesure.

84#



En usufruit, un marécage. Je m'y enlise.


Point d'autre demeure sous la bise.


Un oiseau dans l'apparte de sonner treize.

83#


Il y eut un soir où.

Il y eut des canaux,

l'embarcadère par dessus lequel.

82#


Tordu au sol, à la fin,

notre amour revient.

C'est la nuit.

81#


A Paris la mer s'absente.

Elle tourne un ventre énorme,

elle tend les filets où tant d'oiseaux se prennent,

tant d'immeubles,

tant de lumières.

80#


Elle rêve de piscines bleues sous le ciel couvert,

de croisées à l'envers où passent, délabrés, les chats abyssins.

Et de hululer hors champ.

79#



Prêtez-moi l'éternité,

sur ma tête,

je vous la rendrai !

78#


Bar à Pigalle.

L'heure s'allonge

des chevelures.

SAUT DE L'ANGE


Je me penche à peine, le ciel tombe, c'est le ciel, cette terre. La zone perdue. La campagne tant attendue se retourne. Ce sont les flaques jaunes, la perte de vue.

Si tu connais une flamme, c'est l'immense calme, la dimension boîteuse.

Tu marches, tu cours, tu écrases ces champs et ces fleurs de ta botte et les toiles d'araignée qui perlent sur la trace des pas. C'est voler. Et c'est en ce sens, s'il te prend de chanter, que tu reviendras à la voix des rapaces ainsi qu'on en vient à l'été.

76#




Pleuvoir encore

ainsi qu'on aime,

couler de source là-dehors.

75#


Et reposer


à ciel ouvert


dans l'ignorance dernière.




Surtout ne plus penser.


A rien du tout.